lundi 16 décembre 2013

Journée méditative sous la fraicheur



Ce matin Hélie a rejoint Aminata pour apprendre à préparer le riz sauce arachide. Moi j’attendrais qu’Hélie m’apprenne.  J’en profite d’être seul à la maison pour écrire mon blog (après avoir fait la lessive et tenté de nettoyer la terrasse).



Hier soir nous sommes allé manger chez Aïdara un traiteur merveilleux qui cuisine local, français, asiatique, italien… Notre prétexte est de ne pas avoir de gaz, mais au fond la cuisine française nous manque déjà. Au menu ce sera  pommes de terre et navets sauté avec des  haricots et un steak haché panné pour Hélie le tout cuit dans un  fond de sauce. Servi avec du pain !  Délicieux, à boire avec un Fanta bien sûr. En dessert se sera une mousse au chocolat durcie au frigidaire. La meilleur que j’ai jamais mangé. Sans doute le contexte. Déjà la nostalgie. C’est fou comme la nourriture peut nous raccrocher à nos racines. Pourtant j’aime la cuisine Burkinabé.  Mais il semblerait que la nourriture soit un élément culturel important, une attache. D’ailleurs n’avons-nous tous pas tendance à préférer la nourriture qui nous rappelle la cuisine de maman ou de grand-mère ?

Cette nuit, chose extraordinaire, improbable,  impensable pour moi, il a plu. J’étais persuadé qu’il ne pleuvait jamais au mois de décembre.  Il faudra que je me renseigne pour savoir si c’est exceptionnel !  Je me suis levé pour regarder la pluie tomber. Ce n’était que quelques gouttes mais  cela m’a rendu méditatif.  J’avais l’impression de ne plus être dans le même pays. Pour moi la pluie n’existe pas au Burkina (je ne suis jamais venu la saison des pluies). C’est un peu comme s’il neigeait au mois d’août (le moi doute dirait Lacan). Je me suis senti trahie.  Ce n’était pas conforme à ce qu’on m’avait promis. Puis je me suis laissé entrainer par mes pensées. J’ai réalisé comme je pouvais être sensible à la météo.  Jusque-là  j’étais assez indifférent.  J’aime les éléments naturels,  la diversité des saisons mais mon humeur, mon état d’esprit,  n’était pas impacté ou faiblement par rapport aux autres,  par la pluie, le vent, la température, la neige. C’est  la première fois que je suis touché aussi  profondément par la météo. Juste quelques gouttes dans le Sahel.  Je prends conscience de  l’importance de la météo pour les humains et dans les cultures. Peut-être que les stéréotypes sur les méditerranéens ou les nordiques ne sont pas que des stéréotypes.  Une culture peut très bien se façonner en fonction du climat. Et même une culture coupée de l’agriculture comme la mienne peut encore être profondément marquée par le climat, au point  de structurer le psychisme de ses membres. En terme interculturelle, cela donne une nécessité de tenir compte de la différence de climat.  On peut s’adapter à cette différence, surtout si on si attend.  Mais lorsque paradoxalement  la météo ne correspond pas à ce qui est attendu cela  créé, en tout cas chez moi, un bouleversement dans mon rapport à mon environnement et surement dans mon rapport à l’autre. Je serais différent avec les Burkinabé et je les verrais sous un autre œil.  Finalement mon premier choc culturel3 n’est pas venu de la langue, de la nourriture, des traditions animistes, religieuses ou autres ni des échanges affectifs. Il sera venu d’un bouleversement climatique.

1 commentaire:

  1. Salut Fred ! très bonne idée que ce blog ! tes nouvelles et les photos me donnent un bon bol d'air. Surtout ne te laisse pas avoir par cette "nostalgie" du pays "idéalisé" par la distance: ici, il pleut, le ciel est gris et la pollution urbaine donne au paysage un air triste... la pluie qui tombe sur le béton n'évoque pas les mêmes choses que la pluie sur la nature (fût-elle aride)... N'oublie pas que le temps passe vite -et profitez bien de votre séjour !
    Des bises, Stéphane (M).

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