Les jours défilent sans que je m'en rende compte. Depuis que Caroline est arrivée j'ai pas mal grouillé. Le 24 au soir c'était un réveillon tranquille avec Aminata avec qui nous avons préparé le poulet frite,les crudités, les légumes. Un vrai régale et surtout une belle soirée d'échanges.
Le lendemain, jour de noël nous sommes retourné chez Aminata apporté les restes. évidemment nous avons gouté le tau. Puis nous avons visité Bobo. Sa mosquée, le tour du marché, la cathédral, la gare. Sur la place quelques exposants pas très actifs; Las maquis sont fermés. Nous finissons par en trouver un où nous pouvons nous désaltérer d'un fanta ou d'un coca à l'ombre d'un bel arbre et au calme. Il ne manque qu'un hamac en ce cet après-midi de chaleur. Fatigué nous rentrons faire une sieste en taxi.
Hier le rhume m'a bien pris. Je n'ai pas supporté la fraicheur du matin sur la moto.
L'après-midi au retour d'Hélie nous sommes allé au petit marché. J'adore toujours ses lieux, qui représentent à mes yeux, la réalité de la vie au Burkina. peu de blanc doivent fréquenter ses marchandes de tomates, oignons, salade, épices, courgettes, poivron, aubergines. Mes yeux s'arrêtent sur des marchandises complétement inconnues: des graines, des poudres, des choses séchées. Tant de choses encore à découvrir. Mais c'est difficile de dépasser la barrière de la langue. heureusement qu'il y a toujours une personne pour faire la traduction. Nous en profitons pour acheter des beignets de bananes, d'ignames et de haricots que nous partagerons le soir avec Maï. A la boulangerie nous prenons des gros palmiers. La patte est différente qu'en France (sans doute sans beurre) mais c'est bon.
au retour alors que nous sommes à la recherche de Laffi (Marque d'eau en bouteille que nous achetons par 6 dans les petites boutiques) nous sommes interpelé par des gens assis à un maquis au bord de la route (c'est le charme de se déplacé à pied). ils souhaitent nous offrir à boire et nous acceptons. Ce sont des suisses dont un Burkinabé. Ils sont venus pour un mariage. Nous discutons un brun avant de demander la route. Peut-être que nous les recroiserons...?
Le soir nous avons invité Maï qui nous racontes son engagement dans des associations: du théâtre pour faire de la prévention contre les IST ou le paludisme. Des cours de danse ou de conte. Elle nous demande un coup de main. Son rêve est de venir en France pour se faire un réseau et monter des projets. elle a compris que des financements viennent de la France. Mais je ne sais pas si elle a conscience des difficultés pour les obtenir. Si l'occasion se présente, pourquoi pas essayé d'organiser une tourné théâtral?
Aujourd'hui le rhume m'accable encore. Cet après midi nous avons prévu de visiter la fabrique d'objet en sac en plastique recyclé. Cela à l'air très intéressant et répond à un réel problème de pollution. En plus les objets sont jolie. Ensuite nous irons voir un festival de conte pour clôturer la soirée. Peut-être qu'Aminata se joindra à nous. Dans ce cas nous irons surement avant goutter au tau avec une nouvelle sauce...
Dimanche nous avons prévu de faire un peut de tourisme pour visiter le pic de sindou, le point culminant du burkina. avec Hélie nous rejoindrons Caroline à Banfora qui a prévu de visiter la région Samedi: les cascades, les dômes et peut-être les hippopotames.
Lundi nous partons sur Koudougou voir nos amis batiquié de la cité des arts. J'ai hâte de voir l'avancement du projet de la salle cyber. Nous resterons sans doute une petite semaine car Hélie et moi nous sommes en vacances.
Je me rend compte, après avoir écrit se long texte, qu'il faut que je télécharge quelques photos pour mieux faire partager ma vie ici...
Trois mois de stage d'éducateur spécialisé à l'Hopital psychiatrique de Bobo Dioulasso au Burkina Faso
vendredi 27 décembre 2013
mardi 24 décembre 2013
Deux semaines
Que d’aventures difficiles à résumer en quelques lignes.
Au niveau boulot, je commence à me
faire ma place, même si de mettre
quelques chose en place en si peu de temps c’est pas facile. Mon activité pour l’instant consiste à aider
les attachés de santé.
Le matin les patients qui ont rendez-vous donne leur ordonnance. Je cherche alors leur
dossier parmi les milliers rangés sur les rayons au fond de la salle
d’accueil. Ce n’est évidemment pas informatisé.
Je dois repérer les fiches rouges pour les patients qui ont été
hospitalisé une fois et les fiches blanche pour les autres. Puis grâce à un
classement par nom, prénom, sexe je retrouve le dossier si il
est bien rangé. Puis les patients
seront appelé pour qu’ils attendent leur entretien avec un attaché de santé
(2000 F CFA) ou un psychiatre (4 000 F CFA) . Ensuite c’est la visite générale. Avec au
moins un attaché de santé nous faisons le tour des patients hospitalisés. En ce
moment leur nombre tourne entre 6 et
9. Cela peut monter jusqu’à
20 ! Déjà là, ça nous prend
presque une heure, j’ose pas imaginer. Puis le reste de la matinée est plus
calme. Je peux en profiter pour aller discuter avec des patients mais la
différence de langue limite la conversation.
De toutes façon ils sont tous accompagné par un membre de la famille et
très peu discute avec les attaché de santé en dehors des visites ou des
entretiens. J’essaye plus
particulièrement de discuter avec un jeune qui est guéri mais rejeté par sa
famille suite à son comportement pendant sa maladie. Il est seul et semble
déprimé. Le poids de son acte sur la conscience, plus le rejet de sa famille,
ça fait beaucoup. Avec l’assistant social nous lui avons trouvé un lieu qui
peut l’accueillir. Reste à son frère
seul membre de sa famille qui vient le voir de trouver l’argent. Les oncles du côté de la mère ont le devoir
de l’aider. Jusque-là ils ont réussi à trouver des excuses, vont-ils payer ? Sinon comment faire ? Ce centre
d’accueil me semble intéressant, adapté à la situation, et j’aimerais le
visiter. Mais le problème de l’argent
est là.
Au
niveau installation, on galère niveau
maison. Finalement la maison qu’on visait semble nous filer entre les doigts.
Nous serons fixé définitivement ce soir.
Ensuite soit nous resterons là où nous sommes, soit nous devons rechercher une maison (pas si
facile que ça à trouver en ce moment…)
Enfin l’important c’est la
rencontre humaine, et on est servi. Aminata nous fait découvrir les différents
plats locaux. C’est-à-dire du tau préparé avec des sauces différentes. Mais aussi les chenilles
séchées !!! Il y a deux façons de
les préparer : en soupe comme sur la photo

ou grillées. J’ai gouté les deux.
Ce n’est pas mauvais mais pas de quoi en faire une friandise. C’est surtout
croquant et farineux. La sauce compte beaucoup. Bref, ce n’est pas avec ça que je vais me
remettre à manger de la viande…
Dimanche nous sommes allé rendre
visite à la maman de Mori dans son village. A la campagne quoi. Grosse découverte d’une vie qui semble
paisible mais en décalage avec la ville. Un peu comme en France quoi.
La cour
Un bananier
un champs de bangui
Les fleurs d’hibiscus pour faire le bissap ou des sauces
La maison des ancêtres
Pour aller au village c’est tout
une aventure. Nous avons loué une voiture pour éviter les inconvénients du taxi
brousse. Faut un peu s’habituer à
conduire ce genre de voiture. Les plus
anciens, vous vous souvenez de ces voitures qui pétarade, qui couine de leur
courroies, qui démarre qu’après dix essais, qui ne freinent pas bien, qui
perdent de l’huile… ? Ben c’est la
même voiture mais 30 ans après, et elle roule encore. Ensuite mais si je suis plus à l’aise que sur
un scooter, faut que je reste concentré pour éviter les trous sur la route
et les motos qui doublent par la droite
(non les vélos me doublent pas). Sur la route nous avons bien ri car nous avons
doublé le taxi brousse qui s’arrêtait dans les côtes et qui devait être
poussé pour redémarrer ! Enfin on a ri jusqu’au moment où il nous a
rattrapé, puis doublé car il ne voulait pas ralentir donc devoir s’arrêter.
Sauf qu’en face il y avait un camion qui arrivait et le taxi brousse a dû se
serrer contre notre voiture !!!! Résultat des courses de la taule froissée
et nous qui sommes bien embêter de rendre une voiture plus abimé qu’elle ne
l’était en départ.
Pour terminer le programme de la
semaine, car il se peut que je ne publie pas d’ici un moment : demain
(donc aujourd’hui si j’arrive à publier) Aminata nous prépare le repas pour le
réveillon. Je dois aller chercher notre amie Caroline à la gare du car (elle
est où déjà ?). Le soir on prévoit
un repas chez nous. Le 25, Hélie finalement ne travaille pas, nous
irons peut-être faire un tour pour visiter Bobo et voir ce qui s’y passe le
jour de noël.
lundi 16 décembre 2013
Journée méditative sous la fraicheur
Ce matin Hélie a rejoint Aminata
pour apprendre à préparer le riz sauce arachide. Moi j’attendrais qu’Hélie
m’apprenne. J’en profite d’être seul à
la maison pour écrire mon blog (après avoir fait la lessive et tenté de
nettoyer la terrasse).
Hier soir nous sommes allé manger
chez Aïdara un traiteur merveilleux qui cuisine local, français, asiatique,
italien… Notre prétexte est de ne pas avoir de gaz, mais au fond la cuisine
française nous manque déjà. Au menu ce sera
pommes de terre et navets sauté avec des
haricots et un steak haché panné pour Hélie le tout cuit dans un fond de sauce. Servi avec du pain ! Délicieux, à boire avec un Fanta bien sûr. En
dessert se sera une mousse au chocolat durcie au frigidaire. La meilleur que
j’ai jamais mangé. Sans doute le contexte. Déjà la nostalgie. C’est fou comme
la nourriture peut nous raccrocher à nos racines. Pourtant j’aime la cuisine
Burkinabé. Mais il semblerait que la
nourriture soit un élément culturel important, une attache. D’ailleurs
n’avons-nous tous pas tendance à préférer la nourriture qui nous rappelle la
cuisine de maman ou de grand-mère ?
Cette nuit, chose extraordinaire,
improbable, impensable pour moi, il a
plu. J’étais persuadé qu’il ne pleuvait jamais au mois de décembre. Il faudra que je me renseigne pour savoir si
c’est exceptionnel ! Je me suis
levé pour regarder la pluie tomber. Ce n’était que quelques gouttes mais cela m’a rendu méditatif. J’avais l’impression de ne plus être dans le
même pays. Pour moi la pluie n’existe pas au Burkina (je ne suis jamais venu la
saison des pluies). C’est un peu comme s’il neigeait au mois d’août (le moi
doute dirait Lacan). Je me suis senti trahie.
Ce n’était pas conforme à ce qu’on m’avait promis. Puis je me suis
laissé entrainer par mes pensées. J’ai réalisé comme je pouvais être sensible à
la météo. Jusque-là j’étais assez indifférent. J’aime les éléments naturels, la diversité des saisons mais mon humeur, mon
état d’esprit, n’était pas impacté ou
faiblement par rapport aux autres, par
la pluie, le vent, la température, la neige. C’est la première fois que je suis touché
aussi profondément par la météo. Juste
quelques gouttes dans le Sahel. Je
prends conscience de l’importance de la
météo pour les humains et dans les cultures. Peut-être que les stéréotypes sur
les méditerranéens ou les nordiques ne sont pas que des stéréotypes. Une culture peut très bien se façonner en
fonction du climat. Et même une culture coupée de l’agriculture comme la mienne
peut encore être profondément marquée par le climat, au point de structurer le psychisme de ses membres. En
terme interculturelle, cela donne une nécessité de tenir compte de la
différence de climat. On peut s’adapter
à cette différence, surtout si on si attend.
Mais lorsque paradoxalement la
météo ne correspond pas à ce qui est attendu cela créé, en tout cas chez moi, un bouleversement
dans mon rapport à mon environnement et surement dans mon rapport à l’autre. Je
serais différent avec les Burkinabé et je les verrais sous un autre œil. Finalement mon premier choc culturel3 n’est
pas venu de la langue, de la nourriture, des traditions animistes, religieuses
ou autres ni des échanges affectifs. Il sera venu d’un bouleversement
climatique.
samedi 14 décembre 2013
Déjà une semaine
Déjà une semaine et je ne trouve pas le temps de donner des
nouvelles.
Je vais donc faire un petit résumé de la semaine bien que je
ne sais pas quand je pourrais poster cet article.
Le rythme à l’hôpital est… africain. Je prends le temps de
découvrir et de comprendre. Les
professionnels prennent aussi leur temps.
Et en même temps j’ai l’impression qu’ils attendent beaucoup de moi.
J’ai la pression. D’autant que pour le moment je n’ai pas grand-chose à
proposer. J’aurais deux trois idées à soumettre mais pas de solution miracle ni
de financement. Le rythme me semble d’autant plus lent qu’aucun des trois
psychiatres n’est présent. Tous partis à l’étranger (eux aussi). Le temps me semble suspendu. Mais il parait
que c’est tout le temps comme ça…
Mercredi c’était férié, fête nationale, cinquantenaire
du Burkina Faso. J’en ai profité pour faire une randonnée en brousse avec des
expatriés et la bourgeoisie Burkinabé.
Le site est très beau, la savane, les falaises, la carrière avec ses crocodiles et surtout ses ouvriers qui
travaillent en continu à la pelle et à la pioche.
Cette semaine est aussi la semaine de l’installation. Dans
une maison qui nous plait mais alors vraiment pas. Chère et mal entretenu : pas de clé au portail,
cuisine salle (la vaisselle n’était même pas faite) , même pas une
casserole ! . Trois jours pour que la propriétaire remettre de l’ordre
(enfin, elle a fait bossé les autres). Deux jours pour se servir enfin de la
cuisine. Puis plus de gaz : la bouteille était vide !!! De toute façon notre décision était déjà
prise : On déménage dans une plus grande maison, plus verte, pour le même
pris. Le proprio semble sympa. Ca va aller.
Je ne voudrais pas donner une
mauvaise image du Burkina, ni passer pour un blanc difficile qui veut imposer
ses conditions. Nous avons été très bien accueillis de partout. Les gens sont ouvert, sympa, serviable, désireux de
nous connaitre et de se faire connaitre. La pauvreté n’empêche pas le savoir
vivre, le partage, le respect et la dignité.
Nous avons retrouvé notre amie Maï. Grace à
elle j’ai pu aller au marché acheter des légumes et manger autre chose que du
riz (heureusement c’était avant la panne de gaz !). Acheté aussi des seaux et un balai, pour le ménage et la
lessive. Elle m’a fait un tee-shirt teint
et il est prévu qu’elle me fasse des chemises. Nous sommes aussi allé la
voir jouer une pièce de théâtre dans une école pour faire de la prévention
contre les IST (si vous ne savez pas ce que c’est, venez au Burkina, tous
les enfants vous expliqueront).
Grace au réseau de notre ami
Mori, le plus Bobolais des Lyonnais,
nous arrivons petit à petit à nous débrouiller. J’ai acheté un téléphone
sans me faire rouler et en me faisant connaitre dans tout le quartier (j’étais
le dernier être humain sur la planète à ne pas avoir de téléphone). Van nous a trouvé une superbe moto.
Photo moto [A venir]
Un peu trop puissante pour moi
(et le frein à main qui ne marche pas, il parait que c’est parce qu’elle est
neuve ?!?), mais je commence à m’y faire et nos amis français nous ont
prêté leur casque. (Objet rare, seul les blancs en porte, et ils font rarement
de la moto) Le plus difficile c’est la nuit sur les chemins de terre (ou de
sable…) avec les creux et les bosses et Hélie derrière qui m’indique le chemin
en tenant nos courses. Des Français sur une moto chinoise au Burkina ça ne
court pas les rues.
Aujourd’hui c’est samedi. Nous
avons pris le temps de rencontrer la famille de Mori. D’abord sa chérie, très
belle et très intelligente, qui vit dans
une grande cours, entouré d’enfant, de tante, de cousin… Puis sa grand-mère
avec qui nous avons trié les feuilles de haricot. Nous avons goutté aussi le
Dolo (boisson locale, fait de mile fermenté).
Puis nous sommes allés voir sa tante.
Hélie a aidé à préparer le tau (plat africain, à base de farine de maïs et d’eau). Mangé
avec une sauce c’est très bon et très nourrissant. La semaine prochaine nous
irons voir sa mère, dans son village à une trentaine de km. Cette journée fut riche en découverte
culinaire et humaine. Si mon estomac risque d’en prendre un coup mon cœur s’enrichi.
Inscription à :
Articles (Atom)