lundi 10 février 2014

Une semaine à Ouagadougou

Une semaine sans internet. Une semaine d'atelier inter-hospitalier entre les CHU de Bobo et ouaga, l'hopital Saint-Jean de Dieu à Lyon et Ville Evrard en Seine-Saint-Denis, suivit du premier congrès de  La Société africaine de santé mentale (SASM) et du 4e congrès de la Société burkinabè de santé mentale (SOBUSAM). Le programme s’annonçait chargé, et il l'a été. Si les ateliers permettent de prendre le temps d'échanger, les congrès sont une succession de communications de 15 mn qui ne laisse pas le temps de comprendre. en réalité les choses se passent en dehors. Le off.
C'était très instructif tant sur le fond que sur la forme.  Des liens se sont créés aussi, à travers des échanges riches et surprenant. Des discussions avec des Burkinabé de Ouaga, Bobo, Banfora, Koudougou, Hundé. Des discussions avec des Français de Seine-Saint-Denis, de Lyon et de Ouaga.


Innauguration des ateliers inter-hospiatliers avec les représentant des quatre délégations (à gauche, le Dr Kéré mon référent de stage

Les ateliers inter-hôspitalier se tenaient dans un amphitéatre de l'ENSP (prononcer NSP, école nationale de santé publique) 


Des collègues attachés de santé qui s'étaient mis sur leur 31 pour faire leur intervention pour présenter un cas clinique.

Petite balade au bord d'un canal pour aller chercher le bac de Yembila à l'université de Ouaga.

Un barrage de Ouaga vu du toit de l'amphi de l'ENSP, en attente d'un deuxième niveau.

Toujours sur les toits, les jardins de l'ENSP

Toujours les ateliers


Inauguration des congrès, en présence du premier ministre et du ministre de la santé.
Très protocolaires et en même temps discours pleins d'humour et de vannes.


Changement de standing pour les congrès: la salle de conférence à Ouaga 2000, le quartier moderne et riche de Ouaga (L'équivalent de la confluence à Lyon)






 Au premier plan, une partie de la délégation de Lyon

La photo de famille lors de la soirée inaugurale

Petite visite de la salle de conférence, la verdure intérieur

La verdure exterieure

Exemple d'architecture de ouaga 2000. Il s'agit de maison privée.

Le burkina est pauvre, pas tout les Burkinabé

En plus les maisons ne sont pas habité...

Les communications avaient lieu dans trois salles en même temps.


Des bus faisait la navette du CHU (on dormait à coté) à la salle de conférence

La tour effel de Ouaga, à l'entré de Ouaga 2000

Le palais présidentiel

Il y a aussi des immeubles à ouaga 2000












Vendredi après-midi, petite pause à la forêt naturelle de ouaga. Une sorte de parc de la tête d'or sans les cages








Il parait qu'il y a aussi des girafes, des antilopes et d'autres bestioles (j'ai vu au loin courir un animal à quatre patte avec une longue queue qui n'était ni un chat ni un chien?!)

 Yembila qui contemple une sculpture

Samedi de retour à Bobo, scéance de cinéma pour voir "trompe moi si tu peux" un film Burkinabé.





mercredi 22 janvier 2014

Photos leçons de moto de Hélie


Représentation de Djigui tougou. Samedi 18 janvier




Samedi soir nous sommes invités par Moussa pour assisté à une animation. Elle se passe dans la cour du parrain de l’association.  Chaque année la troupe lui fait l’honneur d’organiser une représentation de sensibilisation. Les scénette s’enchainent, sur la nécessité de mettre des préservatifs. Une petite démonstration a lieu en toutes décomplexions. C’est aussi l’occasion pour nous de revoir Ibrahim qui nous avait fait découvrir la ville il y a 4 ans. Déjà on prévoit de se revoir à la maison.

La peur doit changer de camps




Aujourd’hui samedi 18 janvier, l’opposition appel à une marche contre la modification de l’article 37 de la constitution. Blaise Compaoré qui arrive au bout de ses deux mandats souhaite se représenter. Pour cela il doit modifier la constitution qui limite à deux mandats de 5 ans. Il a quand même 27 ans de pouvoir derrière lui !!! La population est globalement opposée à cette modification anti-démocratique. Cela laisse présager une année difficile jusqu’aux élections de 2015. Beaucoup ont peur d’un conflit fratricide d’ici là car la population n’en peut plus.
Il parait que l’ambassade française a donné comme consigne de rester à la maison et de faire ses provisions la veille. Une amie Burkinabé ne sortira pas, car elle a peur de se retrouver dans un conflit entre deux parties. Les dernières marches ont vu des feux rouges cassés et quelques incivilités.
Pourtant il me semble impossible de rester chez moi. Comment être dans un pays tout en constatant le manque de liberté, d’égalité et de justice et ne pas aller là où le peuple se rassemble pour protester ? Je prends donc ma mobylette en direction de la place de la gare, lieu du rassemblement. Je suis en retard car ce matin j’ai profité de la fraicheur pour dormir et il se trouve que les burkinabé sont ponctuels pour les manifs ! Pas tous. La foule arrive à pieds de partout. J’essaye de garer la moto avant de me décider de me rapprocher de la gare en la poussant. Je la laisserais dans un angle de rue. Quand j’arrive, la place est vide. Seule la sono du podium tourne. Les gens restent placé de l’autre côté de la rue. Je fais comme eux. Tout d’un coup un cortège de motos arrive tonitruant. Des gens tenant des petites branches feuillus court. C’est le début du cortège qui arrive. Puis c’est un véritable défilé qui déferle sur la place ; Les gens marchent vite, courent ; Ils sourient, sont joyeux de protester. Certains brandissent des balaies. Il y a quelques banderoles. La foule crie, « ça suffit », « non la modification », « du balaie »…Je regrette de ne pas avoir pris l’appareil photo ; Je pensais que ce n’était pas indiqué. Mais tout le monde prend tout le monde en photo avec les téléphones ; Il y a même un type qui film avec une tablette. Je pense que je vais me retrouver sur de nombreux Facebook. Il faut dire qu’il n’y a pas beaucoup de blancs. En fait je suis le seul. Petit à petit la place de la gare se remplie. La foule se regroupe sur la moitié de la place. Je rejoins les manifestants pour écouter le discours. Il annonce la suite du programme : Des artistes engagés, puis des projections le soir. J’aperçois deux blancs parmi les officielles. Surement des journalistes. Le micro hurle « la patrie ou la mort, nous vaincrons »
Des manifestants arrivent de la route. Ils appellent à les rejoindre. Petit à petit de nombreuses personnes, surtout des jeunes les suivent en petites foulés. Je décide de les suivre pour voir où ils vont. Un peu plus loin un cordon du service d’ordre les bloque en leur demandant de revenir sur la place. La plupart des manifestants ont eu le temps de passer ; je décide de continuer. Les manifestants se sont arrêtés au commissariat municipal du marché central. J’en déduis qu’une personne c’est fait arrêter pendant la manif. C’est un classique en France. Sur le chemin des enfants m’interpellent « Les blanc doivent partir ». Je leur demande pourquoi mais ils ne me répondent pas. Devant le comico un rasta que j’avais vu dans la manif m’aborde. Il me demande ce que je pense de la journée. Je lui dis que c’est un jour de fête ; Il est surpris. Peut-être pensait-il que j’avais peur ? Peut-être qu’il pensait que je ne savais pas ce qui se passe ? D’ailleurs il commence à m’expliquer. Je lui dis que pour moi quand les gens se rassemblent pour demander justice, c’est un jour de fête. Nous discutons politique ; Une petite foule d’enfants manifestants se rassemble autour de nous pour voir ce que le blanc a à dire. Ils sont surpris que je puisse critiquer la politique française. Je leur explique que si tous les Burkinabé ne soutiennent pas Blaise, tous les français ne soutiennent pas François, Nicolas et compagnie. J’essaye de cité Sankara pour être bien clair. Les gens adorent la discussion ici. Plus particulièrement avec un français. Je pense qu’ils n’en n’ont pas l’habitude. D’ailleurs je discute très peu de politique avec les burkinabé. Cela me fait du bien aussi. Le rasta me raccompagne vers la gare. Nous échangeons longuement. On s’arrête pour discuter avec un marchand de moto qui se plein des taxes douanière. Il importe des motos de Chine et selon lui la France impose des taxes. Je lui dis que le problème c’est d’être dépendant, que ce soit de la France ou de la Chine. Qu’il faut produire et consommer Burkinabé (encore Sankara). Il n’a pas l’air convaincu, heureux d’acheter des motos chinoises pas chères. De retour dans la foule recouvre la place ainsi que la rue avoisinante, à nouveau des gens m’interpellent. Ils sont surpris et curieux de me voir. Ils ont aussi envie de discuter. De dire tout le mal qu’ils pensent de la France qui les exploite et les vole. Un jeune m’explique que la France est pauvre. Elle n’a rien. Elle n’a pas d’or, elle n’a pas de minerais. C’est l’Afrique qui les a. La France les vole à l’Afrique. Il a bien raison !!! Il faut que je fasse attention à ce que je dis ; Si je dis que je suis d’accord, il faut que je précise que c’est avec lui pas sur le fait que la France à raison de voler l’Afrique !!! Attention au quiproquo. Une fois mis d’accord, les gens me demandent de dire en France tout ce qu’ils m’ont dit. Et c’est vrai qu’on ne peut pas compter sur les médias… Les gens s’amusent autour de moi. Ils balayent, symbole de la volonté que Blaise Compaoré et son clan parte. Il y a même une association qui s’appelle-le balaie des citoyens. Certain voient d’un très bon œil la pluie exceptionnelle (Il pleut ce matin même à Ouaga où une immense foule s’est rassemblé pour protester). Je leur dit que c’est normal il faut arroser avant de balayer. Je leur promets que je balayerais aussi en France à mon retour… Quand je dis que l’alternance c’est bien, mais qu’après il faut savoir qui mettre à la place je n’obtiens pas trop de réponse. Les gens veulent seulement que Compaoré parte. Des tee-shirts avec inscrit dessus « Notre nombre est notre force» symbolisent assez bien cette journée. Le peuple prend conscience de sa force. Il devra apprendre à l’utiliser.

Une nuit d’Orage. De vendredi à samedi



Plus rien ne m’étonne. Certes il faisait chaud ces deux derniers jours. Même les Bobolais le disaient. Mais quand même… Cette fois-ci ce n’est pas quelques gouttes. C’est une forte pluie toute la nuit. Avec de l’orage !!!.  Le matin la terrasse est recouverte de poussière avec le vent. A la sortie de la maison la route est recouverte d’une immense flaque d’eau. Mais au moins il fait frais et il n’y a plus de poussière dans l’air.